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Dawn of Beauty

Croisière fantas(ti)que avec Nicolas Vial

Si vous rendez visite à Nicolas Vial, mieux vaut le prévenir de votre arrivée. Une cible suspendue à sa porte d’entrée - déjà bien criblée d’impacts - attend sa pluie de fléchettes ! Pénétrer dans l’atelier de Nicolas, c’est comme s’introduire dans une aire de jeux pour l’âme créative, ou plutôt découvrir un port à la flottille unique en son genre. 


Une vaste cargaison de livres nous accueille, des vieilles valises en cuir qui ont dû voyager autrefois servent aujourd’hui d’entrepôt aux feutres et tubes de peinture. Une bataille navale grouillante et silencieuse prend place au-dessus de nos têtes, tandis que les embouteillages de voitures miniatures dessinent des routes imaginaires… Dans cet atelier, les toiles et les feuilles de dessins accostent et repartent au gré des inspirations et des expositions, comme une marée créatrice qui sème ses traces colorées partout sur le sol et les meubles. Je crois presque apercevoir des filaments d’algues solidement accrochés au chevalet, ou encore des fioles de peintures érigées en récif corallien - vision abyssale de quelques secondes…


Nicolas Vial est peintre officiel de la marine depuis 2008, ce qui lui confère le grade de capitaine de corvette. Il a connu des tempêtes dans sa vie, mais a su garder le cap en partageant son univers avec talent pour naviguer au-devant de la scène artistique. Ses illustrations ont alimenté Le Monde, le Figaro Magazine, ses œuvres voyagent au-delà des frontières et notamment à la Sorbonne Abu Dhabi où ses peintures ont pris place en septembre. Les livres illustrés par Nicolas font fureur chez les libraires, ses cartes font rêver. Ils aimantent l’œil, piquent la curiosité, amusent par leur humour. Un chat vénitien nous nargue sur une couverture, un crocodile malgache nous sourit de toutes ses dents en première page. Le monde imaginaire de Nicolas se décline dans les racines tentaculaires d’une plante tropicale, des milliers de reflets serpentant sur l’eau, d’une épaisse fumée grise de paquebot, dans des cordages labyrinthiques. Tout envahit le papier avec extravagance et se déploie sous nos doigts de lecteurs.


« A la manière des corps en mouvement, le monde ne tient que par son élan et son jaillissement » disait le philosophe Teilhard de Chardin. L’importance du mouvement dans les œuvres de Nicolas Vial permet ce voyage du réel à la fiction dans une fluidité naturelle et spontanée, à l’image de sa technique. Son geste est vif, réfléchi. Les feutres Posca défilent à toute vitesse, faisant jaillir son théâtre coloré des pages blanches et des cartes maritimes. Un jaillissement de vie comme des bulles d’air remontant de cette abysse parisienne, le temps d’une séance de peinture. 

 

Alizée de Vanssay, Paris, le 04.11.2025
 

La chronique de l'art et l'artisanat
Episode 6

© Studio Vanssay

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